1. Signal utile et signal porteur
Le signal utile, c’est le son : la parole, la musique. Il s’agit d’un signal BF (Basses Fréquences) destiné aux oreilles de l’auditeur.Ce signal ne peut être transmis directement à grande distance ; heureusement, sinon on ne s’entendrait plus !
Il doit donc être « porté » par un autre signal qui, lui, sait franchir ces grandes distances. Ce signal porteur est un signal HF (Hautes Fréquences).
2. Représentation mathématique
2.1 Le signal utile
On démontre (Fourier) que le signal utile peut toujours être décomposé en une série de signaux sinusoïdaux de différentes fréquences.On va donc prendre une seule fréquence utile

![Rendered by QuickLaTeX.com m\cos \left[ \left( 2\pi F \right)t \right]](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-4482f6c174cac9bb471d10881718ddbf_l3.png)
En notant


2.2 Le signal porteur
Si l’émetteur est à la fréquence HF 
![Rendered by QuickLaTeX.com E\cos \left[ \left( 2\pi f \right)t \right]](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-2966e0d06936560226d265257b991ab2_l3.png)
En notant


2.3 Le signal HF modulé BF en amplitude
L’amplitude maximale du signal HF vaut 
L’idée est de faire varier cette amplitude maximale au rythme du signal utile.
On effectue ce que l’on appelle techniquement « une modulation » du signal porteur par le signal utile et comme ici cette modulation est effectuée en amplitude, ce type de modulation est appelée « Modulation d’amplitude » (MA) ou « Amplitude modulation » (AM) en anglais. À la station émettrice, on va transformer l’amplitude maximale du signal porteur



Il suffit d’injecter le signal utile et le signal porteur dans une « boîte » (le modulateur) qui donnera en sortie le produit de ces deux signaux.
Appelons


![Rendered by QuickLaTeX.com s=\left[ Em\cos \left( \Omega t \right) \right]\times \cos \left( \omega t \right)](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-f3a1f3273c03397914045c155288baea_l3.png)
Et le tour est joué ! On amplifie ce signal composite et on le fournit à l’antenne d’émission. Enfin, pas tout à fait… En effet, pour faciliter la démodulation dans le poste de radio c’est-à-dire l’extraction du signal utile à partir du signal composite reçu à l’antenne de réception, on verra qu’il est beaucoup plus facile de faire cette extraction si, à l’émission, on a préalablement rajouté… le signal porteur !
L’usage a donné de nom de « détection » à cette opération de démodulation-extraction. Mais revenons à notre signal composite (le signal modulé) qui aura donc maintenant pour expression :

Qui s’écrit aussi :
![Rendered by QuickLaTeX.com \boldsymbol{s=E\left[ 1+m\cos \left( \Omega t \right) \right]\cos \left( \omega t \right)}](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-886363e301fb287507b07190854dd4fe_l3.png)

3. Représentation graphique dans le domaine du temps

L’amplitude maximale du signal porteur n’est plus constante mais varie au rythme du signal utile, d’où le nom de « modulation d’amplitude ». Rappelons l’expression mathématique du signal porteur :

Pour simplifier la représentation graphique ci-dessus, on a choisi :


Dans l’exemple graphique, on a choisi :




![Rendered by QuickLaTeX.com s=\left[ 1+0,3\cos \left( \Omega t \right) \right]\cos \left( \omega t \right)](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-54ed44cb9c43ed441a39bcb0247676a5_l3.png)


Mais au lieu de valoir 1 en absence de modulation, cette valeur crête vaut
![Rendered by QuickLaTeX.com \left[ 1+0,3\cos \left( \Omega t \right) \right]](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-4dd70016338edd7fd3d4789640b002b9_l3.png)



Comme on ajoute la valeur 1 à



C’est la ligne verte du haut. Et sa valeur minimale vaut :

C’est la ligne verte du bas. La valeur crête négative du signal



Cette valeur est donc comprise entre :


4. Une autre façon de formuler le signal modulé en amplitude
Rappelons quelques identités remarquables en trigonométrie :

En ajoutant membre à membre :

Soit :
![Rendered by QuickLaTeX.com \displaystyle \cos a\cos b=\frac{1}{2}\left[ \cos \left( a-b \right)+\cos \left( a+b \right) \right]](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-2da95507b2be41d3def198209a642a43_l3.png)


Ou encore :

Avec ici




![Rendered by QuickLaTeX.com \displaystyle s= \frac{mE}{2} \left\{ \cos \left[ \left( \omega -\Omega \right)t \right]+\cos \left[ \left( \omega +\Omega \right)t \right] \right\}+E\cos \left( \omega t \right)](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-e96284b9baaa5be8f68d98deec089319_l3.png)



![Rendered by QuickLaTeX.com \displaystyle \boldsymbol{\frac{mE}{2}\cos \left[ \left( \omega -\Omega \right)t \right]}](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-7bcf20bb36587f4ca2169acd95477feb_l3.png)

![Rendered by QuickLaTeX.com \displaystyle \boldsymbol{\frac{mE}{2}\cos \left[ \left( \omega +\Omega \right)t \right]}](http://ikadewen.fr/formationTSF/wp-content/ql-cache/quicklatex.com-50b213d9806fade807b7caba05649209_l3.png)
- un à la fréquence
car
;
c’est le signal porteur d’amplitude maximale,
- un à la fréquence
car
,
d’amplitude maximale,
- un à la fréquence
car
,
d’amplitude maximale.
5. Représentation graphique dans le domaine des fréquences

Cette représentation dans le domaine des fréquences s’appelle « le spectre du signal ».
On retrouve bien les trois composantes de notre signal HF modulé BF :
- une « raie » à la fréquence
, c’est le signal porteur d’amplitude maximale
,
- une « raie » à la fréquence
, d’amplitude maximale
,
- une « raie » à la fréquence
, d’amplitude maximale
.



Voici alors le spectre du signal modulé en amplitude :

Le signal utile occupe 2 bandes de fréquences aux contenus identiques :
- la bande latérale inférieure (BLI), s’étendant de
à
,
- la bande latérale supérieure (BLS), s’étendant de
) à
.

Il occupe une largeur totale en fréquence égale à :


Pour

- la porteuse est sur 162 kHz,
- la BLI démarre à 158 kHz (162 – 4),
- la BLS s’étend jusqu’à 166 kHz (162 + 4).
6. Quelques remarques
- Les BLI et BLS contiennent donc strictement la même information qui est d’ailleurs l’information correspondant au signal utile.
- Par conséquent on occupe deux fois trop de spectre ! Or le spectre des fréquences est une ressource non extensible…
- La porteuse n’est finalement pas nécessaire puisqu’elle ne contient aucune information utile.
- L’émetteur gaspille de l’énergie pour envoyer dans son antenne cette porteuse et une bande latérale superflue (la BLI ou la BLS).
- À l’émission, il est possible de supprimer la porteuse et l’une des 2 bandes latérales afin de réduire la largeur du spectre occupé et l’énergie consommée par l’émetteur. Mais ce mode de modulation n’est pas utilisé par les stations classiques transmettant en PO ou en GO.